Jacques Villeglé « Tu sais, je n’ai jamais fait de photo » du 23 octobre au 14 février 2027
À l’occasion du centenaire de la naissance de Jacques Villeglé (1926−2022), le Centre d’art GwinZegal lui consacre une exposition intitulée Tu sais, je n’ai jamais fait de photo.
Ce titre peut surprendre dans un centre d’art consacré à la photographie. Pourtant, si Jacques Villeglé n’a jamais pratiqué lui-même la photographie, son œuvre entretient avec elle des liens étroits, que l’exposition propose de découvrir.
Dès 1949, Jacques Villeglé commence à prélever des affiches lacérées dans les rues de Paris. Cette démarche, qui précède la naissance du Nouveau Réalisme, mouvement auquel il sera associé, fait de lui une figure majeure de l’art de la seconde moitié du XXe siècle.
Plutôt que de produire lui-même des images, Jacques Villeglé choisit celles qu’il rencontre dans l’espace public. Il récupère des affiches déchirées et superposées au fil du temps par les passants. Il les sélectionne, les prélève et les maroufle sur des supports pour en faire des œuvres. La rue devient ainsi, à ses yeux, un lieu de création collective.
Le lien avec la photographie apparaît progressivement dans son travail. Au départ, les affiches sont surtout composées de textes, de typographies et de dessins. À partir des années 1960, les images photographiques occupent une place grandissante dans la publicité : portraits, célébrités, photographies de mode ou personnalités politiques se retrouvent ainsi dans ses œuvres.
Dans son ouvrage Tu sais, je n’ai jamais fait de photo, Jean-Marc Huitorel rapproche la démarche de Jacques Villeglé de celle d’un photographe. Tous deux partagent des gestes essentiels : regarder, sélectionner et cadrer. Jacques Villeglé observe son environnement, choisit un fragment du réel et l’isole de son contexte pour lui donner une nouvelle signification. Comme le photographe, il fait du regard et du choix de ce qui mérite d’être conservé un véritable acte de création.
À travers cette démarche singulière, l’exposition invite à explorer les relations entre photographie, création artistique et société.
À travers cette démarche singulière, l’exposition invite à explorer les relations entre photographie, création artistique et société.
Des visites gratuites pour les enseignants sont organisées le 3 novembre (sur réservation), et des modules pédagogiques adaptés à tous les niveaux (de la maternelle au lycée) sont proposés, incluant visites commentées, ateliers thématiques et pratiques artistiques.
L’exposition offre des pistes interdisciplinaires pour aborder des thèmes comme l’engagement, l’identité, les luttes pour les droits civiques et le rôle de l’art dans l’émancipation, avec des ressources complémentaires.
PISTES PÉDAGOGIQUES
Arts plastiques : le détournement et la transformation des images.
À partir d’affiches lacérées par les passants, il compose des œuvres où se mêlent hasard et intention. La matérialité du papier, les déchirures, les superpositions et les traces du temps participent à la création. Sa démarche invite également à explorer les liens avec la photographie : observer, sélectionner et cadrer sont autant de gestes qui permettent de porter un nouveau regard sur les images qui nous entourent.
Histoire des arts : l’art et la société.
L’œuvre de Jacques Villeglé s’inscrit dans les transformations artistiques de l’après-guerre et notamment dans le mouvement du Nouveau Réalisme, né en 1960. À cette époque, des artistes s’emparent de matériaux de récupération, d’images publicitaires et de déchets industriels pour faire entrer la réalité de la société contemporaine dans l’art. Les affiches lacérées de Villeglé témoignent de cette volonté de rapprocher l’art de la vie quotidienne et permettent d’interroger les relations entre création artistique, culture populaire et société de consommation.
Éducation aux médias et à l’information : la circulation des images dans notre société.
Les affiches publicitaires, politiques et culturelles qui composent les œuvres de Jacques Villeglé sont autant d’images destinées à communiquer, convaincre ou séduire. Leur accumulation et leur fragmentation rendent parfois les messages difficiles à identifier et en modifient le sens. L’observation de ces œuvres permet de développer un regard critique sur les images, de questionner leurs intentions et de comprendre comment leur signification évolue lorsqu’elles sont sorties de leur contexte initial.
Histoire-géographie : la ville comme espace de mémoire et d’expression
En prélevant des affiches dans les rues, Jacques Villeglé conserve des fragments de l’histoire de la société. Les différentes couches d’affiches racontent le passage du temps et constituent autant de témoignages d’une époque. Elles invitent également à réfléchir à la place de l’affichage dans la ville, à l’occupation de l’espace public et aux différentes formes d’expression qui s’y côtoient.
Français : les mots, les signes et le langage
Dans les œuvres de Jacques Villeglé, les mots et les lettres perdent parfois leur fonction première pour devenir des formes visuelles. Les déchirures interrompent les phrases, fragmentent les slogans et créent de nouvelles associations de sens. Son travail permet d’interroger les relations entre texte et image, les jeux sur le sens des mots et la manière dont les signes peuvent transmettre des messages ou acquérir de nouvelles significations.
Pour chaque exposition, nous proposons aux classes différents modules en fonction de l’âge des élèves et du temps disponible.
Pour bénéficier d’une visite, vous devez vous acquitter d’un forfait de 15 €/classe ou du pass annuel de 30 € pour l’établissement.
Celui-ci vous permet de venir à autant de visites que souhaité, dans la limite des créneaux disponibles, pour l’année scolaire en cours.
Il peut être réglé dans le cadre d’une offre pass Culture collectif.
Le Centre d’art vous accueille du lundi au vendredi de 9 h à 17 h 30.
Réservation obligatoire.
Renseignements et inscriptions auprès de Lou-Anne Oleron par mail : visite@gwinzegal.com ou tél. 02 96 44 27 78 ou d’Aurélie Delort, professeure-relais, par courriel à aurelie.delort@ac-rennes.fr.
VISITE COMMENTÉE (45min)
Basée sur l’échange avec les élèves, la visite se déroule sous la forme d’une discussion autour des œuvres avec une médiatrice. La visite peut se faire en français ou en anglais.
VISITE ET JEUX PÉDAGOGIQUES (1h30/2h)
En complément de la visite commentée de l’exposition, différents ateliers sont proposés aux élèves. Ils permettent d’aborder l’exposition de manière ludique. Un temps de conclusion et d’échange clôture la séance.
CYCLE 1 ET 2 : Découverte de l’espace Super-chouette pour les élèves de maternelle (éveil au monde de la lumière par le toucher et l’observation). Des jeux de lecture d’images (jeu des silhouettes, chercher l’intrus, puzzles…), et la découverte de la thématique traitée dans l’exposition (boîtes à toucher, jeu des 6 familles et vocabulaire, et démarche de l’artiste [prises de vue]) seront proposés.
A PARTIR DU CYCLE 3 : Pensées sous forme d’enquête, différentes activités abordent à tour de rôle les différents axes présents dans le travail de l’artiste. Différents niveaux permettent de s’adapter aux élèves.
VISITE ET ATELIER DE CRÉATION (2h/3h) — Participation de 50€ pour les classes de maternelles et de primaires ; 100€ dans le cadre d’une offre pass Culture collectif
En complément de la visite de l’exposition, le Centre d’art vous propose des ateliers de pratiques artistiques (photographie, écriture, analyse d’images, jeux visuels) en lien avec l’exposition en cours. Ces propositions peuvent être intégrées aux différents parcours de l’élève (citoyen, avenir, et d’éducation artistique et culturelle).
Pour réserver, il vous suffit de contacter le Centre d’art au 02 96 44 27 78 ou par mail à visite[@]gwinzegal.com