Soleil of persian square
Hannah Darabi
February 18, 2021–June 05, 2022

Exposition du 19 février au 5 juin 2022
Fermé les jours fériés

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Soleil of persian square - © GwinZegal
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C’est à Los Angeles, à l’intersection de Westwood Boulevard et Ohio Avenue, qu’a trouvé refuge la plus abondante diaspora iranienne. Sous la lumière écrasante de Californie, Hannah Darabi, artiste visuelle née en 1981 et formée à l’université de Téhéran, traque les signes de cet exil. Entre terre natale et terre promise, la musique tisse un lien indéfectible entre deux villes, deux vies, deux cultures. Art populaire, la musique pop partage avec la photographie une aura d’un nouveau genre, celle de la reproductibilité technique chère au philosophe Walter Benjamin : la musique pop s’enregistre, se duplique, se partage. Ses rythmes aguicheurs entraînent les corps, ses airs romantiques se consomment dans une société de masse sous le regard méprisant des arts savants.
La révolution de 1979, la chute de la monarchie et l’instauration en Iran d’un régime théocratique conforme aux valeurs traditionnelles de l’islam auront vite fait de bannir la musique de la maigre liste des loisirs autorisés.
En exil, les musiciens vont continuer de vivre dans cette double culture ; la collection de cassettes constituée par l’artiste nous montre une scène musicale entre deux eaux, adoptant les codes du Nouveau Monde sans renier les racines d’une Perse fantasmée. Ces cassettes produites à Los Angeles, « made in USA », comme le spécifient leurs pochettes, voyageront clandestinement entre les deux pays jusqu’à la banalisation d’Internet et des formats numériques à la fin des années 90. Si la pop est qualifiée par certains de « low art », on retrouve un terme comparable, « low profile landscape », pour définir les motifs des paysages des artistes de la Côte Ouest des années 70, s’intéressant comme Hannah Darabi aux paysages artificialisés par l’homme, aux intersections de rues, aux panneaux publicitaires, aux parkings, aux centres commerciaux, à la lisière.
Ce paysage qu’elle décrit est empreint de mille signes. C’est le paysage d’une ville horizontale, dessinée pour les voitures et dont les rues s’étendent à perte de vue. Ses photographies fourmillent de petits détails d’une urbanisation sauvage, d’inscriptions typographiques, en anglais ou en perse − faisant référence tantôt à un imaginaire cinématographique américain, tantôt à un ailleurs moyen-oriental. Des séquences de portraits d’anonymes de la communauté iranienne, des documents, une conversation avec une ethnomusicologue, des images de clips vidéo viennent articuler cette recherche sur l’identité de la diaspora, entre enquête culturelle et recherche visuelle. Cette identité ne se caractérise pas par des contraires, elle n’est ni d’ici ni de là-bas, mais elle nous engage dans la complexité des dualités qui nous habitent.

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