Jacques Villeglé
« Tu sais, je n’ai jamais fait de photo »

Vernissage le jeudi 22 octobre
à 18 h 30

Exposition du 23 octobre au 14 février 2027
Ouvert du mercredi au dimanche
de 14 h à 18 h 30.
Fermé du 23 au 31 décembre 2026
Entrée libre /​Fermé les jours fériés.

Jacques Villeglé - © Le Centre d'art GwinZegal
Jacques Villeglé - © Le Centre d'art GwinZegal
Jacques Villeglé - © Le Centre d'art GwinZegal
Jacques Villeglé - © Le Centre d'art GwinZegal
Jacques Villeglé - © Le Centre d'art GwinZegal
Jacques Villeglé - © Le Centre d'art GwinZegal
Jacques Villeglé - © Le Centre d'art GwinZegal
Jacques Villeglé - © Le Centre d'art GwinZegal

Jacques Villeglé
« Tu sais, je n’ai jamais fait de photo »

Exposition conçue par Jean-Marc Huitorel et Catherine Elkar

On peut s’étonner qu’un lieu généralement consacré à la photographie expose un artiste qui, c’est le moins qu’on puisse dire, n’est pas connu comme photographe, lui qui affirmait à qui voulait l’entendre qu’il n’avait jamais fait de photo.
L’œuvre de Jacques Villeglé (1926−2022), l’une des plus considérables de l’art de la seconde moitié du XXe siècle et du début du XXIe, précède le mouvement auquel on l’a généralement rattachée, le nouveau réalisme1, et lui survit. Au sein de ce regroupement aussi éphémère qu’incertain, Jacques Villeglé a appartenu, avec Raymond Hains, François Dufrêne, Mimmo Rotella et, quoique d’une autre manière, Gérard Deschamps, à une sorte de sous-groupe qu’on a appelé tantôt les « affichistes », tantôt les « décollagistes ». Les Bretons Hains et Villeglé n’ignoraient pas qu’en arrachant leur première affiche lacérée, Ach Alma Manetro, à Paris en 1949, ils posaient les prémisses d’une œuvre éminemment originale, contestation radicale de la peinture de l’époque, en lointain écho aux readymades de Marcel Duchamp.

Rien là cependant qui ait, en apparence du moins, un lien avec la photographie. Pendant plus de cinquante ans, tant qu’il lui fut possible d’accéder aux affiches sur lesquelles maints passants inconnus s’exprimaient par déchirures ou graffitis – rejoignant par leurs gestes l’entité collective qu’il baptisa le « Lacéré Anonyme » –, Villeglé a déplacé des couches d’affiches de différentes tailles de la rue vers l’atelier où elles étaient traitées : recadrées, parfois, et le plus souvent marouflées sur panneau rigide. Se fondant sur une conception inédite de l’œuvre, Villeglé se veut l’amplificateur des échos du monde, échos qui, plus tard, prendront également la forme de lettres retravaillées en symboles que l’artiste nommera ses « alphabets sociopolitiques ». 

Jusqu’au début des années 1960, dans les affiches, c’est le texte, la typographie et le dessin qui dominent, avant que, pour des raisons d’efficacité communicationnelle mais aussi de gain de temps et donc d’argent, n’apparaissent les photographies. Nous y sommes. Car s’il est une approche, certes paradoxale, mais féconde et assurément inédite, de l’œuvre de Villeglé, c’est bien la photographie. A-t-on remarqué à quel point les affiches, lacérées ou pas, constituent de véritables musées de la photographie en plein air ? Photos de mode, photos publicitaires, photos de stars du showbiz, portraits d’hommes et de femmes politiques, etc. 

La photographie se trouve dorénavant au cœur même de ces tableaux que l’artiste tire de la rue. Mais le lien entre les affiches lacérées et l’image argentique (à l’époque) va bien au-delà de la seule présence de cette dernière. Un certain nombre de caractéristiques, en fait trois opérations fondamentales, sont communes aux arracheurs d’affiches et aux photographes, quoique dans un ordre d’intervention partiellement différent : regarder, prélever, cadrer, pour les premiers ; regarder, cadrer, prélever, pour les seconds. Enfin, à l’instar de nombreux artistes mais bien plus que la plupart, Jacques Villeglé a été photographié : seul, en compagnie, au travail, en pleine action d’arrachage, etc. Ses photographes ont pour nom Shunk & Kender, André Villers, Jacques Faujour, André Morain, Didier Gicquel, Yves Trémorin, François Poivret, sans oublier sa fille Fabienne et l’ami Raymond Hains, parmi bien d’autres.

L’exposition Jacques Villeglé : « Tu sais, je n’ai jamais fait de photo » s’articule à la publication par GwinZegal du livre éponyme de Jean-Marc Huitorel. L’ouvrage, s’il traite avant tout du rapport de Villeglé à la photographie, ouvre à d’autres questions, celle de la place et du rôle de la photographie chez les nouveaux réalistes, par exemple, ou bien encore de l’importance d’artistes comme Brassaï ou Dubuffet dans cette poésie urbaine à laquelle Villeglé a apporté une contribution essentielle et où les écrivains sont très présents. Ainsi l’exposition, comme le livre dont elle procède, se veut à la fois l’étude d’un aspect méconnu de l’œuvre de cet artiste majeur, dont on célèbre cette année le centenaire, et une réflexion sur la nature et les usages de la photographie.

L’exposition Jacques Villeglé : « Tu sais, je n’ai jamais fait de photo » s’articule à la publication par GwinZegal du livre éponyme de Jean-Marc Huitorel. L’ouvrage, s’il traite avant tout du rapport de Villeglé à la photographie, ouvre à d’autres questions, celle de la place et du rôle de la photographie chez les nouveaux réalistes, par exemple, ou bien encore de l’importance d’artistes comme Brassaï ou Dubuffet dans cette poésie urbaine à laquelle Villeglé a apporté une contribution essentielle et où les écrivains sont très présents. Ainsi l’exposition, comme le livre dont elle procède, se veut à la fois l’étude d’un aspect méconnu de l’œuvre de cet artiste majeur, dont on célèbre cette année le centenaire, et une réflexion sur la nature et les usages de la photographie.

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