Ici, la photographie devient un outil de présence. Une manière de renouer avec ce qui nous entoure, de voir autrement ce que nous pensions connaître : un arbre, une lumière, un rocher. À travers l’objectif, la nature cesse d’être un simple décor. Elle devient une communauté vivante, une entité fragile et belle, dont nous faisons pleinement partie. Équipés d’une chambre photographique, d’un trépied et de films argentiques, les élèves s’engagent dans une pratique à la fois technique et contemplative. La lourdeur du matériel et la complexité du procédé impliquent une autre relation avec le temps. On ne peut pas déclencher de manière compulsive comme avec un appareil photo numérique ou un téléphone. Il faut accepter de ralentir, apprendre à observer avec précision, à composer avec la lumière naturelle et avec le temps. Compter les secondes. Ne pas bouger. Et ce temps nécessaire à la fabrication semble s’être trouvé lui aussi encapsulé, quand nous regardons aujourd’hui les images.
Alexandra Catiere (1978, Biélorussie)
Alexandra Catiere est diplômée de l’International Center of Photography de New York en 2004. De l’ancienne Union soviétique à la France en passant par les États-Unis, elle fait de l’intemporalité l’un des aspects majeurs de sa création. Ressuscitant la tradition humaniste, ses images sont celles des sensations, des atmosphères qu’elle réussit à capter. Sans jamais s’arrêter aux seuls genres du portrait ou du reportage, Alexandra Catiere fait de l’appareil photo l’instrument de son empathie pour la nature humaine et la vie en particulier. Elle est lauréate du prix Niépce Gens d’images en 2026.