LANDFALL/Lukas Felzmann

Image précédenteImage suivante

Landfall - Lukas Felzmann


Dans la Vallée de Sacramento, en Californie, Lukas Felzmann esquisse une carte, « archéologie visuelle » de territoires abandonnés des hommes, où se donnent à lire des fragments d’histoires que l’on imagine singulières. Séries paradoxales que celles présentées par Lukas Felzmann sur les États-Unis, vieux de seulement deux siècles et dont l’imaginaire national s’est construit et se construit encore très largement aujourd’hui autour de la photographie, apparue quelques décennies après la déclaration d’indépendance de Thomas Jefferson le 4 juillet 1776.
Dans une première série, le photographe nous rappelle le peu d’attachement apparent que portent les Américains aux lieux de vie, aux objets, au passé. Ces livres abandonnés à leur propre sort, cette carte que plus personne ne consulte, ce lit où seule la poussière se repose encore suggère un rapport au temps et à l’espace qui peut laisser le spectateur européen désemparé face à l’Histoire qu’il porte depuis tout petit. Et ce n’est sans doute pas un hasard si cet univers fantomatique nous est dévoilé par un photographe parti d’Europe. En contre-point de ces représentations du rapport distendu du peuple américain à sa propre Histoire, Lukas Felzmann nous entraîne dans sa seconde série dans l’univers poétique et mystérieux du vol de nuées d’oiseaux qui peuplent le ciel californien.
Cette chorégraphie énigmatique qui génère des abstractions sans cesse renouvelées, procure le sentiment d’un mouvement sans entrave dans un espace libre de toutes contraintes. Il y a là comme une traduction symbolique du rapport du peuple américain avec la nature.
Lukas Felzmann déploie dans ses tirages en noir et blanc une vaste palette de gris, comme pour mieux souligner l’intemporalité de ses images. Il y a de ce point de vue dans le travail du photographe une étrangeté qui met à mal notre représentation de ce territoire qui abrite la plus grande fabrique de rêves en technicolor. Cette Californie, que l’on imagine comme un parangon de la modernité écrasée sous une lumière crue, dévoile dans le regard du photographe un tout autre visage.
L’exposition consacrée à Lukas Felzmann montrera son travail sous la forme d’une parabole de notre monde contemporain : d’un côté la représentation d’une nature sans entrave, proche du « Paradis terrestre », de l’autre celle des traces d’une société humaine qui fut.
Paul Cottin, commissaire de l’exposition

GALERIE TH13 - Berne - www.fondationdentreprisehermes.org
GwinZegal participe à la direction artistique de la Galerie TH-13 pour le compte de la fondation d'entreprise Hermès
du 7 juin au 13 octobre 2013