JERZY LEWCZYNSKI

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Exposition organisée par GwinZegal et le Musée National de Gliwice.(Pologne)

Jerzy Lewczyński (1924) a été un acteur et un témoin de premier plan de la scène photographique polonaise de la seconde moitié du XXe siècle. L’exposition Dire ce que l’on ne peut voir, voir ce que l’on ne peut dire, présentée en partenariat avec le Musée National de Gliwice, est sa première exposition monographique à l’étranger 1. Elle réunit un ensemble d’oeuvres qui couvre la période du milieu des années 1950 jusqu’à 2010. Le corpus de près d’une centaine de tirages originaux et d’épreuves de lecture présenté, propose d’observer les étapes du passage d’un exercice subjectif du regard, par le biais notamment des expérimentations formelles des années 1950, à la pratique de la photographie trouvée, à partir des années 1970.

« Issu du milieu amateur, Jerzy Lewczyński expose ses photographies dès le milieu des années 1950. Cette décennie, marquée à ses débuts par l’introduction de la doctrine du réalisme socialiste comme unique modèle à suivre, donne lieu durant sa seconde moitié, à la faveur du dégel politique, à un important bouillonnement culturel. Les photographes cherchent à renouer avec les avancées des avant-gardes internationales de l’Entre-deux-guerres. La domination en Pologne durant les années 1920-1930 de l’esthétique pictorialiste prive les photographes de la jeune génération de repères formels ou théoriques. On voit apparaître de multiples tendances, faites d’emprunts tantôt au Bauhaus, tantôt au Surréalisme. C’est dans ce contexte que Lewczyński fait ses premières armes en réalisant à la fois des photogrammes, des photomontages ou des photographies en contre-plongée. La série intitulée Photo-théâtre (1956), qui réunit sur une scène sans logique apparente des objets de la vie quotidienne, semble renvoyer à un monde dénué de sens. Lewczyński cherche à éviter l’écueil d’une approche formaliste qui ne serait que pure esthétique. Si le regard subjectif sur le monde extérieur est convoqué, c’est pour dire quelque chose sur l’homme et ses expériences passées : la guerre, la faim, la mort, mais aussi l’espoir, l’humour. L’approche documentaire de Lewczyński laisse paraître un réalisme sombre. La quête de l’émotion visuelle passe par des photographies usant de la métaphore, de l’oxymore. La rencontre avec les photographes Zdzisław Beksiński et Bronisław Schlabs dans les dernières années de la décennie marque un tournant dans le travail de Lewczyński. Les années 1950 voient le photoreportage prendre une place importante dans le paysage photographique L’exposition The Family of Man est présentée à Varsovie en 1959. On parle à cette époque de « reportage artistique », mais pour Beksiński, le photoreportage a conduit la photographie dans une impasse, réduisant l’image à l’anecdote. Avec ses deux amis, il se propose de trouver les moyens de sortir de cette crise, en créant notamment un dispositif activant le jeu des associations d’images entre elles et avec les mots.

Dans les années 1960, l’approche de Lewczyński se fait plus anthropologique. Il documente certaines traces laissées par l’homme : graffitis, inscriptions, enseignes. Son intérêt se porte également sur les photographies vernaculaires, des images sans qualité, (pierres tombales, vitrines de studios photographiques). A la fin des années 1960, il interroge la question de l’auteur en utilisant dans un polyptique d’abord ses propres photographies de famille, puis celles trouvées par hasard. Durant les années 1970, il développe ce travail en faisant notamment des agrandissements des négatifs, montrant tantôt les scènes imperceptibles à l’oeil nu, tantôt la structure même du négatif, sa gélatine. » Patrick Komorowski commissaire de l’exposition (1) L’exposition Jerzy Lewczynski Dire ce que l’on ne peut voir, voir ce que l’on ne peut dire, conçue par Patrick Komorowski, a été présentée à l’occasion de l’Été Photographique 2013 à Lectoure, avant sa venue à Guingamp au Studio[GwinZegal].

au Studio GwinZegal - 3 rue Auguste Pavie - 22200 Guingamp
Du 4 octobre au 17 novembre 2013.

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