ÉDITION : EVERYTHING IS UP IN THE AIR,THUS OUR VERTIGO de Yann Mingard

Format : 30 x 23 cm
Couverture avec rabat
Intérieur 144 pages
Textes de Frédéric Moser
Conception graphique : Nicolas Polli
ISBN : 979-10-94060-24-7

Prix : 35 €

Vertigo, la dernière œuvre du photographe suisse Yann Mingard, nous propose une lecture à la fois subjective et documentée de la dérive écologique du monde. Nous voici de plein fouet dans l’ère de l’Anthropocène. Les scientifiques justifient ce changement de période par la capacité cumulée des hommes — la nôtre — à outrepasser la puissance des forces telluriques. La définition de cette nouvelle ère repose sur des mesures physiques objectives, mais elle pourrait aussi bien se caractériser par le niveau vertigineux d’impunité et d’inertie des hommes face au désastre à venir — semblant confiner au déni de réalité. Jusqu’au milieu du XXe siècle les artistes ont été fascinés, presque béatement, par une nature sauvage et immaculée. Même si des questions éthiques ou politiques sous-tendent le travail de Yann Mingard, l’assujettissement, la beauté et la majesté des forces physiques ne sont pas absentes de ses images. Les aplats de matière, les couleurs, nous murmurent le grondement de cette terre en mouvement. Roland Barthes estimait l’attrait d’une photographie de paysage par sa capacité à donner envie au spectateur de s’y projeter, de l’habiter — c’était sans compter les paysages accidentés, irradiés, dystopiques. Que sont devenus les panoramas alpins si prisés des premiers photographes et des touristes asiatiques ? Yann Mingard nous entraîne de l’autre côté de la carte postale, vers les abysses, dans les entrailles des effondrements rocheux, des arbres arrachés et des laves torrentielles. Ses paysages à la limite de l’abstraction sont dénués d’un horizon susceptible de nous apaiser, ils nous montrent dans une inquiétante prophétie tantôt le ciel, tantôt la matière géologique (la terre, la roche, la boue), mais rarement les deux réunis — comme si, dégoûtés l’un de l’autre, ils refusaient dorénavant de se toucher. La terre est montrée éventrée, béante, sertie des cicatrices d’une bataille dont les principaux protagonistes sont absents. Invisible comme les particules fines en suspension dans l’air ou le rayonnement radioactif, la figure humaine n’apparaît que sous la forme d’étranges pantins à la recherche d’une ogive nucléaire égarée dans le permafrost. En 1678, bien avant la première révolution industrielle, en appelant à Dieu en ultime recours, les habitants du petit village de Fiesch, en Suisse, écrivirent au pape afin qu’il bénisse leur prière destinée à endiguer la progression du glacier d’Aletsch et épargner leur village. Exaucés au-delà de toute attente, ils le supplient aujourd’hui d’inverser la prière et de freiner la fonte inexorable du plus grand glacier d’Europe. Hors champ, l’empreinte humaine recouvre totalement la scène du crime. Mû par son appétit de confort et une foi intacte en la technologie comme ultime sauveur, l’homme continue sa marche. Dans les carottes de glace qu’il étudie soigneusement, il est capable de discerner les variations climatiques sur des millénaires. Les bulles d’air enfermées dans la glace sont autant de capsules d’histoire, dévoilant une à une les secrets du temps. L’animal n’est lui non plus jamais représenté directement par l’artiste. Meurtri dans sa diversité, il apparaît comme une réminiscence pariétale — un fantasme entre un  futur improbable et un lointain passé, qui pousse certains scientifiques à vouloir, dans un moment d’épiphanie technologique, courtiser la science-fiction en ressuscitant le mammouth à partir d’ADN découvert dans la banquise. Les pachydermes géants repeupleraient la toundra et leur présence compenserait l’émission de gaz à effet de serre… L’histoire humaine a rendez-vous avec l’histoire de la Terre.

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ÉDITION : RASE CAMPAGNE / Pascal Rivet

Conception graphique : Bureau Roman Seban
Textes : Jean-Marc Huitorel, Julie Crenn, Christine Lapostolle
Édition GwinZegal
Français
2018
24 x 28 cm
128 pages, ill. en couleur
25 €
ISBN 979-10-94060-23

Le titre de l’ouvrage de Pascal Rivet Rase Campagne dit sans détour le projet. De son parcours ponctué de séries aux stratégies diverses – détournement, infiltration, travestissement, reproduction – marquées par l’emploi d’outils et de médiums aussi variés que l’assemblage, le dessin, la photo et la vidéo, la peinture et la pyrogravure, Pascal Rivet entend faire un bilan. Non pas en manière de rétrospective mais en une position d’observateur, à juste distance, avec ce qu’il faut d’empathie et de légère ironie pour évoquer son élément : le monde rural, ses hommes et ses paysages.
Loin du folklore, l’artiste voit depuis longtemps se produire à bas bruit le choc d’une société paysanne traditionnelle avec un monde contemporain globalisé. Pour évoquer cette profonde mutation autrement qu’en termes productivistes ou déclinistes, Pascal Rivet use de ses armes favorites l’imitation, la construction (en bois lambda) à échelle réelle d’objets petits (tronçonneuses) ou grands (tracteurs), la réalisation de tableaux de genre (paysages ruraux, concours agricoles), ou d’engins – ces puissants tracteurs ,symboles de « progrès » et souvent objets de compétition  - au moyen de la pyrogravure ou encore de la broderie. Des matériaux et techniques rudimentaires qui s’ils n’excluent pas un façonnage de titan, semblent dater d’avant la Révolution industrielle. Il y a aussi les sigles, les noms, les titres poétiquement détournés de la France agricole, autant de signes traduisant tout autant la détresse que la fierté.
Il se joue là un acte fort, une nouvelle façon d’envisager les relations entre l’art et les traditions populaires.

Liste des auteurs des textes : Jean-Marc  Huitorel, Julie Crenn, Christine Lapostolle

Conception graphique : Roman Seban

Partenaire : Frac Bretagne à l’occasion d’une exposition en 2018.

 

 

ÉDITION : BARBARIANS / Hesse&Romier

Format : 33,5 x 22 cm
Couverture avec rabat et marquage à chaud 
Intérieur 44 pages et livret 16 pages.
Textes de Michel Poivert et Julia Hountou
Conception graphique et éditoriale : Studio FP&CF
Prix : 24 €

À l’occasion d’une résidence organisée par le Centre d’art GwinZegal, le couple d’artistes Cécile Hessse et Gaël Romier a poursuivi son travail de création en Bretagne. La relation des deux artistes n’est pas nouvelle, puisqu’ils œuvrent ensemble depuis une vingtaine d’années déjà. Leurs précédents travaux pourraient laisser croire que leur lieu de vie, ou de travail, n’a aucune in uence sur leur œuvre, tant leur imaginaire semble libéré de tout contexte. Il n’en est rien : ils ont trouvé dans l’estran des côtes du nord de la Bretagne le théâtre parfait de leurs actions. Nul besoin de rideau à cette représentation immobile, c’est la marée qui recouvrira quotidiennement la scène, effaçant les traces de leur passage, qui, comme le rêve, dans cette sensation mitigée entre l’agréable et le dérangeant, nous fait douter l’espace d’un instant de la frontière entre le réel et le songe. Le choix de l’estran n’est pas anodin, à la limite entre deux mondes, la terre et la mer ; l’un matériel et restreint, l’autre invitant à un ailleurs en lien avec les forces cosmiques et porteur d’une rêverie qui touche aux origines de l’être et du monde. Nulle gure humaine n’encombre ces paysages, où l’on lit tout au plus quelques formes hybrides à la lisière de l’animal, de la mythologie et du végétal — à l’instar du personnage du headbanger, qui, gé dans son mouvement, évoque, silencieux les gesticulations d’une pieuvre en colère ou le feuillage d’une plante exotique. De ce décor de l’estran, d’ordinaire si spectaculaire, on n’aperçoit que le sol de sable immaculé. Les artistes ont en effet choisi d’opérer la nuit, dans l’obscurité, clandestinement, comme pour communier dans ce sentiment d’incertitude et de subjectivité, familier des premiers hommes, et propice aux apparitions fugitives. Voir la suite...

 

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